Dressons la table



En 2006, une mère et son fils décident de faire un pari audacieux : transformer un petit café de quartier en un lieu où chaque client aurait l'impression d'être attendu. Sans savoir jusqu'où cette aventure les mènerait, ils avancent avec une même conviction : qu'un commerce peut devenir un point d'ancrage, un rassemblement, une histoire humaine.

Au fil des années, Cafellini est devenu bien plus qu'un endroit où l'on sert du café. C'est un lieu où se créent des souvenirs et où les liens se tissent. Derrière chaque tasse se cachent des années de travail, des défis surmontés, des remises en question, mais surtout une volonté inébranlable de préserver l'essentiel : l'humain.

Aujourd'hui, Johanne et Jordan nous invitent à remonter le fil de leur parcours. Je vous raconte donc une histoire de famille, d'audace et de transmission... celle de deux entrepreneurs qui ont choisi de bâtir une entreprise avec le cœur, sans jamais perdre de vue les gens qui lui donnent vie.

Quand une intuition devient une institution


Toutes les grandes histoires entrepreneuriales ont un point de départ étonnamment simple. Un moment où les chiffres, les plans d'affaires et les certitudes s'effacent devant une intuition. En 2006, personne ne pouvait prédire que ce petit café de quartier deviendrait, des années plus tard, une véritable institution. Pourtant, Johanne Houle et son fils Jordan Myall n'ont pas hésité bien longtemps avant de faire le saut.


« Tête première. »


La réponse fuse avec le même naturel que celui qui semble avoir guidé chacune de leurs grandes décisions de vie. Il n'y avait pas de calcul savant. Seulement une attirance irrésistible pour un lieu où chacun se sentait déjà chez soi.

Avant même d'en devenir copropriétaires, Jordan s’était taillé une place comme employé au café et sa mère le fréquentait comme cliente.


Lui, faisait ses classes et peaufinait ses connaissances du Latté Art.

Elle, observait l'effervescence, les conversations qui s'y croisaient, la proximité avec les gens. Plus elle regardait ce petit univers vivre, plus une idée s'imposait à elle.


« Je trouvais tellement que ça avait l'air le fun que j’avais dit au propriétaire : J'aimerais ça travailler ici. »


Femme de public dans l'âme, elle savait instinctivement que cet endroit lui ressemblait. Son entourage, lui, voyait les choses autrement. Quitter la stabilité pour se lancer dans l'inconnu paraissait presque insensé. Mais certaines décisions ne s'expliquent pas; elles se ressentent. Ce qui frappe en écoutant Johanne raconter cette époque, c'est l'absence de plan de carrière tout tracé d’avance. Il y avait simplement l'envie d'être à la bonne place et de prendre plaisir à construire son quotidien entrepreneurial.


Cette philosophie, Jordan Myall l'a héritée à sa manière.

Lorsqu'on lui demande à quel moment il a compris que Cafellini deviendrait le projet de toute une vie, il surprend par la simplicité de sa réponse.

— 
Jordan Myall

« On n'a jamais pensé que ce serait le projet d'une vie. On était vraiment dans le moment présent. »

L'avenir ne faisait pas partie de l'équation. Chaque journée amenait son lot de défis, de rencontres et de possibilités. Le succès ne s'est jamais construit autour d'un objectif lointain, mais bien d'une succession de petits pas accomplis avec passion.


Pour Jordan, rien n'était écrit d'avance. Créatif jusqu'au bout des doigts, il s'était toujours imaginé ailleurs. Le cinéma, le design, les livres, les films, les entreprises… les idées se bousculaient constamment dans sa tête. Il croyait même qu'un jour il quitterait le café pour explorer d'autres avenues.

Mais une évidence s'est tranquillement imposée.


« Je peux utiliser toute ma créativité dans le Cafellini. » - Jordan Myall


Peu à peu, le café est devenu bien plus qu'un commerce. Il est devenu son canevas.


Chaque sac de café, chaque illustration, chaque vêtement, chaque nom inscrit au menu raconte une histoire. Rien n'est laissé au hasard. Derrière un café se cache une référence cinématographique. Derrière un sandwich, un souvenir de voyage. Derrière une collection de vêtements, des heures de création où les fabricants doivent parfois adapter leurs techniques pour donner vie à ses idées.


Créer, pour Jordan, n'est pas un simple passe-temps. C'est un besoin vital.

Johanne en rit tendrement car elle connaît mieux que quiconque cette imagination qui ne s'arrête jamais.


« Il ne peut pas vivre s'il n'est pas en train de créer. »


À peine a-t-il promis de ralentir qu'une nouvelle idée surgit déjà. Un nouveau projet. Un nouveau produit. Une nouvelle façon de faire évoluer Cafellini.


Et c'est peut-être là que réside le véritable secret de cette aventure familiale.


D'un côté, une femme qui a osé plonger tête première parce qu'elle croyait profondément qu’un lieu pourrait unifier les gens entre eux. De l'autre, un créateur infatigable qui ne cesse d'imaginer ce qui pourrait exister demain.

L'un apporte le cœur. L'autre nourrit la vision.


Ensemble, ils ont construit bien plus qu'un café. Ils ont créé un lieu où chaque détail raconte un morceau de leur histoire.

L'équilibre d'un duo


S'il est déjà exigeant de bâtir une entreprise, le faire en famille ajoute une dimension supplémentaire. Entre une mère et son fils, il faut apprendre à faire cohabiter deux rôles qui se chevauchent constamment. Au Cafellini, cette frontière n'a jamais été parfaitement étanche, mais elle a toujours été traversée par une valeur fondamentale : la transparence.


« On s'est toujours permis de se dire qu'on n'était pas d'accord. Ce qui nous a toujours sauvés, c'est qu'on n'est pas rancuniers. »


Johanne et Jordan n'ont jamais cherché à éviter les conflits. Ils ont plutôt appris à les traverser. Ici, il n'est pas question d'avoir raison à tout prix. Les désaccords existent, mais ils ne deviennent jamais des batailles d'ego. On discute, on ajuste le tir, puis on avance. D’ailleurs, un point fort à travailler ensemble est que lorsqu’un des deux perd sa motivation, est plus fatigué et/ou découragé, l’autre porte systématiquement le tout à bout de bras.

Avec le temps, chacun a aussi dû apprivoiser l'évolution de l'autre. Lorsque l'aventure a commencé, Johanne célébrait ses 45 ans et Jordan n'avait qu'une vingtaine d'années. Le jeune copropriétaire est devenu un homme, tandis que la mère a dû apprendre, peu à peu, à faire confiance à l'entrepreneur.


Cette confiance s'est installée progressivement au fil des années, des essais, des erreurs et des défis relevés ensemble. Après la pandémie, un nouvel équilibre s'est naturellement imposé.


« On a plus confiance l'un envers l'autre. On sait que l'autre va prendre ses responsabilités. »


Cette évolution leur permet aujourd'hui d'exploiter ce qui fait la force de leur duo : leurs différences.

Jordan est l'instinctif, le créatif, celui qui imagine sans cesse la prochaine idée. Johanne est la cartésienne, celle qui analyse, structure et ramène les projets sur terre lorsque c'est nécessaire. L'un appuie sur l'accélérateur; l'autre garde un pied au-dessus du frein. Une complémentarité qui explique en grande partie la longévité du Cafellini.


Leur parcours en est d'ailleurs rempli. Ils ont déjà exploité jusqu'à trois cafés simultanément, une expansion portée par l'audace de Jordan et acceptée, non sans réflexion, par Johanne.


Aujourd'hui, chacun connaît suffisamment bien les forces de l'autre pour ne plus ressentir le besoin d'intervenir constamment. Johanne sait que son fils assumera ses responsabilités, et vice versa.

Alors pourquoi contrôler ce que l'autre fera de toute façon avec sérieux?

Cette confiance leur permet aujourd'hui d'envisager l'avenir avec une étonnante sérénité.

« J'ai envie que ma mère reste encore longtemps, qu'on continue d'évoluer ensemble. »



Il ne parle pas de succession.

Il parle de continuité.


Puis, vient sans doute le plus beau moment de l'entretien.


Lorsqu'on leur demande ce qu'ils admirent encore l'un chez l'autre, le silence laisse rapidement place à une émotion sincère.

Pour Johanne, la réponse est instantanée.


« Quand Jordan a un projet en tête, même si tout le monde lui dit que ça n'a pas d'allure, il ne lâche jamais et va faire tous ses devoirs pour y arriver. J'admire tellement ça. »


Elle envie cette confiance inébranlable, cette capacité à poursuivre une vision sans se laisser freiner par le regard des autres.


Jordan, lui, choisit de parler non pas de ce que sa mère lui a appris, mais de la femme qu'elle est devenue.

Il ne parle ni des cafés, ni des succès commerciaux.

Ce qui l'impressionne le plus est le parcours de sa mère. Il mesure le chemin parcouru par cette femme issue d'un milieu où les femmes n'étaient pas destinées à diriger une entreprise, devenue malgré tout une entrepreneure accomplie, sans jamais renoncer à ses valeurs.


« Tu arrives à le faire avec une intégrité puis de belles valeurs. Je suis vraiment fier de toi. »


Pendant quelques secondes, il n'est plus question de café, de gestion ou d'entrepreneuriat.


Simplement d'un fils qui reconnaît sa mère. Et d'une mère qui comprend que, parfois, la plus belle réussite d'une vie ne se mesure ni en chiffres ni en croissance, mais dans le regard de celui qu'on a vu grandir.


Ensemble, ils ont découvert que la plus grande force d'une entreprise familiale n'est pas de penser pareil, mais d'avancer dans la même direction.

Un café qui prend soin des gens


Il existe des cafés où l'on s'arrête quelques minutes avant de reprendre sa journée.

Et puis il y a ceux où l'on vient simplement parce qu'on s'y sent bien.


Au fil de la conversation, une évidence s'impose. Le véritable produit de Cafellini n'a jamais été uniquement le café. Ce qui fait revenir les habitués, c'est cette impression d'être attendu, reconnu, accueilli.


On y entre parfois fatigué, pressé ou absorbé par mille pensées. On en ressort un peu plus léger.


C'est précisément ce que je tente de mettre en mots lorsque je leur confie ce que représente cet endroit pour moi. Ici, je n'ai pas besoin de commander avant qu'on prépare mon café. On m'appelle par mon prénom. On échange quelques mots. Et, l'espace d'un instant, j'ai simplement l'impression d'être vue.


Je ne suis pourtant qu'une cliente parmi des centaines.

Mais c'est justement là que réside la magie.


Lorsque je leur demande s'ils ont déjà réalisé que leur véritable métier n'était peut-être plus de servir du café, mais bien de prendre soin des gens, Johanne s'arrête quelques secondes.

Puis elle sourit.


« Des fois, on se regarde et on se dit : "C'est fou ce qu'on a fait." »


Pour elle, la plus grande réussite ne se mesure pas dans un chiffre d'affaires.

Elle se mesure dans cette communauté qui s'est construite presque malgré eux.

— 
Johanne Houle

« Notre degré de satisfaction, c'est de sentir toute cette belle communauté. »

Pendant que les clients discutent, travaillent ou prennent enfin une pause, une autre réalité se joue en coulisses.

Une réalité complètement invisible.


Jordan éclate presque de rire lorsqu'il résume son quotidien.

« Moi, je gère des problèmes! »


Une machine qui tombe en panne. Un produit manquant. Un conflit entre employés. Une recette à ajuster. Une livraison qui tarde. Une infinité de détails que personne ne remarque... justement parce qu'ils sont réglés avant même de devenir des problèmes.


Johanne en retire une immense fierté.

« Si les clients ne s'en rendent pas compte, c'est qu'on fait bien notre travail. »


Le calme que ressentent les clients est le résultat d'un tumulte soigneusement absorbé par ceux qui dirigent l'entreprise.

Ce souci constant du détail est porté par un perfectionnisme assumé.


Jordan voit tout.

Le lait un peu moins bien moussé. Le prosciutto pas tout à fait comme il le souhaiterait. Une mayonnaise un peu trop généreuse. Un grain de café à réajuster.


Pendant que les clients savourent leur café, lui affine continuellement l'expérience.

Et pourtant, malgré cette quête incessante d'amélioration, il refuse une idée : celle de la perfection.


« On a accepté que ça ne sera jamais parfait. »


C'est peut-être précisément pour cette raison que Cafellini semble si vivant.

Parce qu'il ne fonctionne pas comme une machine.

Il évolue comme un organisme.

Jordan peine d'ailleurs à le décrire autrement.


« Cafellini, c'est devenu une bébite. Une entité à part. Ça a une âme. »


Les fondateurs en sont désormais les gardiens plus que les propriétaires.

Ils ne cherchent pas à tout contrôler.

Ils observent, écoutent et ajustent constamment le cap.


« On est comme deux capitaines qui essaient de garder le navire dans la bonne direction. »


Les clients façonnent les habitudes.

Les employés influencent la culture.

Le lieu évolue presque de lui-même.


Et c'est probablement ce qui explique pourquoi, vingt ans plus tard, Cafellini n'a jamais perdu son âme.


Un café, une école


À écouter Johanne Houle et Jordan Myall raconter leur parcours, on comprend rapidement que les plus grands défis n'ont jamais été les chiffres, les machines qui tombent en panne ou les rénovations coûteuses. Les véritables tempêtes ont toujours porté un visage humain.


Ils sourient en repensant à leurs débuts. À cette époque où ils étaient seuls à faire tourner le café, les tensions s'accumulaient parfois jusqu'à ce qu'ils aillent... régler leurs comptes dans la voiture.


« On allait régler nos comptes dans l'auto. On braillait, puis on reprenait le travail. »


Aujourd'hui, ils en rient. Avec le recul, ces moments ont cimenté leur relation autant que leur entreprise. Ils ont appris à se parler, à traverser les désaccords et, surtout, à ne jamais perdre de vue ce qui les unit.

Curieusement, ce qui les ébranle encore aujourd'hui n'a rien à voir avec les finances.


« Les moments les plus difficiles, c'est souvent avec un employé », confie Jordan. Une démission difficile, un conflit, une personne qui ne va pas bien... voilà ce qui les atteint réellement.


« C'est toujours rattaché à l'humain, quand c'est difficile », ajoute Johanne.


Cette phrase résume presque à elle seule leur philosophie. Pour eux, une machine brisée se remplace. Une erreur d'inventaire se corrige. Mais une relation humaine mérite toujours qu'on s'y attarde.


Jordan en a même fait une véritable façon de gérer.


Avant de parler rendement ou performance, il préfère comprendre ce que vit la personne devant lui. Les conversations débordent souvent du cadre du travail. On parle de carrière, de famille, de confiance en soi, de livres à lire, de rêves à poursuivre.


Johanne en rit doucement. Mais elle sait aussi pourquoi son fils agit ainsi.


Plus d'un jeune employé est revenu des années plus tard pour lui dire qu'une simple conversation avait changé quelque chose dans sa vie.


Le café est devenu une école. Pas seulement pour apprendre à mousser du lait ou préparer un espresso parfait, mais pour apprendre à devenir adulte.

À chaque problème sa solution


Lorsqu'on leur demande à quand remonte la dernière fois où ils se sont regardés en se disant : « Là, c'est vraiment trop difficile », un silence s'installe.


Puis ils réalisent... que cela fait longtemps.

Non pas parce que les problèmes ont disparu.

Au contraire. Seulement, après près de vingt ans en affaires, leur rapport aux difficultés a complètement changé.


Jordan raconte même un paradoxe étonnant.


Quand tout va bien, il lui arrive parfois de manquer d'énergie. Mais lorsque tout explose en même temps, quelque chose s'active en lui. Le chaos devient presque un moteur. Les années lui ont appris qu'aucune journée difficile n'est définitive.


Johanne partage le même regard.

« Ça nous en prend tellement plus maintenant pour nous stresser. »


L'expérience n'a pas éliminé les problèmes.

Elle leur a simplement appris à ne plus leur donner plus d'importance qu'ils n'en méritent.

L'incendie de 2014


En 2014, un violent incendie frappe plusieurs commerces voisins de Cafellini.


L'événement marque profondément la communauté de Saint-Bruno.


Pour Johanne et Jordan, ce moment devient aussi une leçon de vie.

Ils voient des entrepreneurs perdre en quelques heures le travail d'une vie. Pourtant, ils les voient également se relever, reconstruire et recommencer.


Cette expérience transforme la façon dont Jordan perçoit l'échec.

Il raconte qu'autrefois, lorsqu'une entreprise faisait faillite, il avait l'impression que tout était terminé. Aujourd'hui, il voit les choses autrement.


« Même les milliardaires ont souvent tout perdu... puis ils se sont rebâtis. »


Il pousse même la réflexion encore plus loin. Il s'imagine parfois perdre son commerce, sa maison, tout ce qu'il possède. Et, contre toute attente, cette pensée ne lui fait plus peur. Parce qu'au fond, il sait désormais que son identité ne dépend pas de son entreprise.


« À part la maladie ou qu'il arrive quelque chose de grave aux gens qu'on aime... il n'y a pas grand-chose qui peut vraiment nous déstabiliser. »


Cette sérénité ne vient pas de l'absence de risques. Elle naît de la certitude qu'ils sauront toujours se relever.


La naissance d'une famille


 

Après près de vingt ans en affaires, leur plus grande fierté n'est pas ce qu'ils ont construit... mais avec qui ils l'ont construit.


« Pour moi, ce n'est pas l'histoire de deux personnes, répond Jordan. C'est comme une grande famille. »


Cette famille porte même des noms.


Johanne tient d'ailleurs à en nommer un en particulier : France Lefebvre.


Présente depuis les touts débuts, elle est bien plus qu'une gestionnaire. Elle est devenue l'un des piliers invisibles du Cafellini. Lorsque le nouveau local ouvre ses portes, France traverse l'une des épreuves les plus difficiles de sa vie : un mélanome. Malgré les traitements, elle demeure présente. Aujourd'hui encore, même si elle n'est plus sur le plancher, Johanne et Jordan lui font entièrement confiance.


« On lui laisse carte blanche. »


Cette simple phrase en dit long.

Chez Cafellini, la confiance ne se décrète pas. Elle se bâtit, année après année.

Et France n'est pas une exception.


En les écoutant parler de leurs employés, de leurs fournisseurs ou même de leurs clients, une évidence s'impose : ils utilisent rarement le vocabulaire des affaires.


Ils parlent d'humains.

« Nos relations humaines, je pense que c'est la base de notre business. »


Même leurs fournisseurs les accompagnent depuis les débuts. Non pas parce qu'un contrat les y oblige, mais parce qu'une relation s'est construite au fil du temps.


Dans un monde où tout semble souvent remplaçable, Johanne et Jordan cultivent une fidélité devenue presque rare. Cette philosophie explique sans doute pourquoi Cafellini dégage quelque chose de difficile à définir, mais facile à ressentir.


Une chaleur.


« C'est l'humain derrière le breuvage. »

Attirer les bonnes personnes



Jordan est convaincu que les entreprises finissent par attirer des gens qui leur ressemblent.


« Je pense que nos valeurs attirent certaines personnes. »


Il ne parle pas seulement des clients. Il pense d'abord à son équipe. Au fil des années, plusieurs employés sont devenus des amis. Puis ces amis sont devenus une deuxième famille.


Il raconte avec un sourire que plusieurs de ses plus proches amis ont commencé... derrière le comptoir du Cafellini.


Des cafés partagés sont devenus des soirées entre amis.
Puis des anniversaires.
Puis des Noëls.


Aujourd'hui encore, certaines personnes qui ont travaillé au café franchissent la porte de la maison familiale pendant les Fêtes. Une frontière s'est doucement effacée. Le travail a laissé place à l'amitié… Et l’entreprise est devenue une communauté.


Cette proximité n'a jamais disparu, même si Cafellini a grandi.


Pour les clients, Cafellini est devenu une institution. C’est un phare pour Saint-Bruno-de-Montarville. D’ailleurs, j’ai bien le droit de le décréter car je suis moi-même Montarvilloise!


Pour Johanne et Jordan, c'est encore ce café où l'on connaît les prénoms, où l'on prend le temps de discuter et où les propriétaires restent accessibles.


Peut-être est-ce justement là le secret de leur réussite.

Ils ont simplement continué à prendre soin des gens.


Et, sans presque s'en rendre compte, les gens ont fini par prendre soin du Cafellini.

Le mot de la fin


En quittant Johanne Houle et Jordan Myall, une impression demeure.


On croit être allé à la rencontre de deux entrepreneurs qui ont bâti un café. En réalité, on découvre deux personnes qui ont choisi de bâtir leurs relations avec le même soin qu'elles préparent un espresso.


Leur parcours rappelle que les entreprises qui traversent le temps ne sont pas toujours celles qui suivent les tendances. Ce sont souvent celles qui demeurent fidèles à leurs valeurs. Celles qui ont le courage d'écouter leur intuition quand tout le monde leur conseille de faire autrement. Celles qui comprennent que la confiance se gagne au quotidien, dans les petits gestes, bien avant les grandes décisions.


Johanne a appris qu'un entrepreneur grandit le jour où il ose faire confiance à sa petite voix intérieure.

Jordan, lui, a compris qu'il n'y a rien de plus durable que l'authenticité. Il n'a jamais cherché à créer le café le plus à la mode; il a simplement voulu servir celui qu'il avait envie de boire. Derrière cette simplicité se cache peut-être la plus grande leçon de leur histoire : lorsqu'on crée avec conviction plutôt que pour plaire, on finit par attirer les bonnes personnes.


Au fond, leur plus belle réussite n'est peut-être pas d'avoir construit un café reconnu. C'est d'avoir créé un endroit où les gens se sentent attendus.


C'est peut-être ça, finalement, le véritable petit-je-ne-sais-quoi du Cafellini.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Pour ne rien manquer au sujet du Cafellini qui célèbre ses 20 années de service, abonnez-vous sans attendre à ses différentes plateformes :


INSTAGRAM

FACEBOOK


Et tant qu’à y être, venez vite rejoindre mes communautés!

Catherine FCastonguay Photographie


INSTAGRAM

FACEBOOK


Ou rendez-vous sur mon site web pour découvrir mes services de photographe basée à Saint-Bruno et mes autres Photo-TALKS.